Le BIM – Building Information Modeling ou Modélisation des Informations du Bâtiment – permet un apport scientifique et pragmatique qui structure les phases de conception et notamment l’approche des paramètres critiques des environnements de production, des environnements contrôlés, des salles propres mais aussi de toute zone pour laquelle on s’interroge sur l’impact de la chaîne de conception. Ces nouveaux outils, utilisés avec discernement, offrent de fantastiques fonctionnalités.

 

La maquette numérique 3D s’est développée et voire imposée notamment au travers de ses capacités d’intégration de la conception et du management de l’espace avec un développement logique vers le BIM.

Ceci a ouvert un champ de possibilités vers une autre synthèse, un autre suivi de travaux, une redéfinition des missions conventionnelles du concepteur ou du maître d’œuvre.

Les capacités prédictives de la maquette 3D sont souvent exploitées dans le « space management » ou la cohérence des agencements.  Cette disposition permet ou impose de repenser la conception.

Ces possibilités forcent le concepteur à élever son niveau d’implication et de définition, redevenant ainsi un acteur majeur de la conception, la méthode BIM opère un recentrage des phases de conception en avant-projet.

Ce recentrage couplé avec l’intégration des outils de simulation permet de repenser les phases de qualification de conception : vérifier la conformité qualitative et quantitative des spécifications documentées depuis l’expression des besoins jusqu’aux ordres de mise en œuvre.

 

Nous nous focaliserons sur les données suivantes de la qualification de conception :

  • Maîtrise du confinement
  • Classe des locaux, au repos avec anticipation de l’activité
  • Maîtrise des paramètres thermo-hydriques des ambiances

 

Chacun s’interrogera sur la méthode utilisée jusqu’à peu et notamment sur la somme et le réalisme des empirismes utilisés.

L’objet est donc de montrer l’intérêt et les apports de la méthode BIM sur chacun de ces sujets fondamentaux dans le fonctionnement et sa pérennité et la conformité des ambiances de production.

Mieux qu’une simulation, c’est un plan d’analyse qui permet d’approcher au mieux les critères déterminants dans chaque configuration. L’évaluation de l’impact des critères alimente donc directement l’étude de risque. Nous vous proposons quelques développements.

 

 

Paramètres thermo-hydriques

L’analyse des conditions porte par exemple sur :

  • La température de soufflage
  • Les écarts débits soufflage / reprise
  • Les apports thermiques internes
  • La perméabilité de la pièce

Les résultats attendus sont :

  • Le niveau d’aboutissement du design vis-à-vis des apports en salle (adéquation débits, températures de soufflage…)
  • L’homogénéité des températures (conformité des positions et répartition des soufflages / reprises)
  • La pression en salle

 

 

 Répartition des températures en 3D (adéquation des taux de brassage et des écarts soufflage)

 

 

 

Paramètres de propreté

L’analyse des conditions porte sur :

  • Les débits de soufflage
  • Les générations potentielles de particules en salle
  • Les écarts débits soufflage / reprise
  • Les apports internes

Les résultats attendus sont :

  • La maîtrise de la cinétique en salle (récupération)
  • La minimisation et l’identification des zones mortes

 

Répartition des vitesses – niveaux d’homogénéité

 

 

 

 

Simulation du maintien en confinement : des émissions de particules en zone grise ne contaminent pas la zone propre

 

 

 

Conclusions et Déroulements :

Le BIM permet un apport scientifique et pragmatique qui structure les phases de conception et notamment l’approche des paramètres critiques des environnements de production, des environnements contrôlés, des salles propres mais aussi de toute zone pour laquelle on souhaite s’interroger sur l’impact de la chaîne de conception : données de base, dimensionnements, résultats.

Ces nouveaux outils, utilisés avec discernement, par exemple via des plans d’identification de l’impact d’un paramètre plutôt qu’au travers d’une simulation unique, offrent de fantastiques fonctionnalités.

Ce nouveau mode de construction d’une conception (predictive design), d’identification des risques permet de réelles avancées vers la maîtrise des performances.

Même si c’est souvent difficile de remettre en cause des habitudes quasi séculaires, gageons que ces outils et les méthodes qui en découleront ouvriront la voie à un renouveau de nos usages conceptuels. L’histoire passera par une approche OPEX / coût d’usage de toutes ces installations. Garantir la conformité, maximiser l’opportunité, c’est sans doute la mission la plus importante du BIM en conditions critiques.